Vitré

de Guillaume Artous-Bouvet

paru en septembre 2022


On appelle vitré le plus volumineux des milieux de l’œil, dont il remplit les deux tiers postérieurs. Si le vitré maintient la rigidité du globe oculaire, il ne joue pas de rôle dans la vision. S’écrivant dans le vis-à-vis d’un triptyque de John William Waterhouse consacré à la légendaire Dame de Shallot, promise à contempler le monde à travers un miroir, les trois poèmes de Vitré ne prétendent pas donner à voir, mais cherchent à composer ce « lait de transparence / cillant », instamment incisé par le trait de l’écriture. Où le désir de l’œil ne s’avive qu’en la stricte coupure qui le sépare des joies de la langue et des promesses du sens.