« L'histoire de Sinouhay, le fils de Sycomore, si l'on en juge par son matériel archéologique, faisait partie des œuvres littéraires en vogue dans l'Égypte ancienne. […] Si les événements se déroulent à l'époque du Moyen Empire, entre la fin du règne d'Amenemhat 1er (de 1991 à 1962 av. J.-C.) et le début de celui de Sésostris 1er (de 1962 à 1928 av. J.-C.), le récit des expériences de Sinouhay n'aurait été retranscrit qu'un siècle et demi plus tard, vers 1800 av. J.-C. (XIIe dynastie) sur un rouleau de papyrus étroit typique de l'époque antérieure, mais comprenant des lignes verticales et horizontales qui témoignent d'une époque ultérieure. »

« Il ne s'agit pas ici d'une nouvelle traduction, ni même d'une traduction de traductions, mais bien d'une réinscription ou, plus exactement, d'une “repoétique”  (au sens d'une refondation poétique, et donc en un sens différent de ce mot qui fut inventé par Saint-Pol-Roux), à partir d'un matériau poétique préexistant. Redonner vie, refaire à partir d'un poème très ancien un poème nouveau, et surtout le réapprendre, peut-être même réussir à le faire aimer grâce à une forme modernisée à d'autres lecteurs, me paraît (à moi) plus important que n'importe quel autre poème que je pourrais écrire aujourd'hui. »

(Extraits de l'Introduction de Gilles Jallet.)

« Le Sinouhay de Gilles Jallet s'inscrit pleinement dans [la] traduction moderniste qui dépasse l'opposition entre les Anciens et les Modernes. Son travail de la forme, sa manière de dresser la matière égyptienne dans des blocs de langue tenus, confère aux personnages du récit une sorte de solennité sans affectation, une dignité, par laquelle sans se détacher du mystère qui les nimbe, ils parviennent à exister, de nouveau, pour nous. » (Pierre Vinclair, Instagram)

« Aujourd’hui paraît une nouvelle publication des éditions Monologue, Sinouhay, l’Autoportrait de Gilles Jallet, soit 80 pages, format 11,8 x 19, d’une grande densité – je veux dire : qui se lit avec plaisir, de manière plutôt fluide, mais qui interroge (et renvoie à) tant de choses qu’on ne l’abandonne pas après première lecture… » (Christian Rosset, Diacritik)